France gaz est le syndicat professionnel représentant l’ensemble des acteurs de la filière gazière française, mobilisés en faveur de la transition énergétique et du développement des gaz renouvelables et bas-carbone dans nos territoires.
Nous partageons pleinement l'objectif de décarbonation du secteur du bâtiment qui est une priorité centrale. Toutefois, la transition doit reposer sur une approche pragmatique, fondée sur les résultats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et non sur l'exclusion arbitraire de certaines technologies. Le principe de neutralité technologique, que la France défend avec force auprès de l’Union européenne, doit s’appliquer pour l’ensemble des solutions bas-carbone.
À cet égard, il convient de distinguer l'équipement de chauffage du combustible, en cohérence avec la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB). Un équipement de chauffage compatible avec le gaz n'est pas nécessairement synonyme d'utilisation d'énergie fossile.
Les chaudières et équipements hybrides installés aujourd'hui sont déjà compatibles avec les gaz renouvelables (plus d’un million de clients ont déjà souscrit un contrat de gaz vert) et permettent une décarbonation progressive sans adaptation technique pour les consommateurs.
France gaz s’oppose donc fermement à une interdiction indifférenciée du gaz dans les constructions neuves. En lieu et place, nous appelons à une pleine reconnaissance du gaz vert dans les politiques publiques du bâtiment.
La reconnaissance, entre autres, des garanties d’origine et des certificats de production de biogaz est nécessaire pour assurer la bonne comptabilisation de la décarbonation du bâtiment par les gaz renouvelables et bas-carbone, notamment dans le Diagnostic de Performance Energétique [DPE].
Le biométhane est une énergie renouvelable produite localement, créatrice de valeur dans les territoires et contribuant directement à notre souveraineté énergétique. Il présente également l'avantage majeur de pouvoir s'appuyer sur des infrastructures existantes, résilientes et déjà amorties, permettant ainsi d'accélérer la transition à moindre coût pour la collectivité.
Le gaz contribue en outre à l’équilibre du système énergétique en réduisant les appels de puissance sur le réseau électrique lors des pointes de consommation, renforçant la sécurité d’approvisionnement et la résilience du système.
Enfin, il convient de rappeler que les chaudières sont largement produites en Europe, par une filière industrielle maîtrisée et qui compte plusieurs milliers d’emplois.
La transition énergétique ne peut reposer sur une logique de dépendance à une seule technologie ou à un seul vecteur énergétique. Pompes à chaleur, réseaux de chaleur, équipements hybrides ou encore gaz renouvelables et bas-carbone ont chacun un rôle à jouer dans l'atteinte de nos objectifs climatiques.
La décarbonation sera d’autant plus efficace qu'elle laissera aux Françaises et aux Français la possibilité de choisir, en fonction de leurs besoins et de leurs contraintes, la solution de décarbonation la plus adaptée. La diversité et la complémentarité des solutions sont un atout et une condition de réussite de la transition énergétique.